04 juillet 2009

3h45, Marseille...

Je me réveille brusquement, et pendant quelques secondes, la panique m’envahit.
Puis je me souviens, où je suis, ce que je fais là, d’où viens cette odeur…

Je me lève tout doucement pour aller écouter sa respiration.
Elle est faible, mais présente.
Je sors.

Les couloirs sont blanc-glacial, mais complètement déserts à cette heure de la nuit.
Je suis presque content d’avoir accumulé un atroce déficit de sommeil, ces dernières semaines : au moins, maintenant, je peux dormir n’importe où, n’importe quand, dans n’importe quelle position.
Je peux même somnoler en marchant dans les couloirs de l’hôpital, même en attendant l’immense ascenseur qui ne vient pas…

Aux amis et collègues qui me demandaient si tout allait bien en ce moment, j’avais pris l’habitude de dire :
- "Il y a des moments très bas, mais heureusement, des moments très hauts. Ca compense…"
En général, ça coupait court à la conversation, mais sur un sourire…
Puis je me disais intérieurement :
- "Promis, après l’opération, je fous un peu d’ordre dans tout ce bordel…"

Là, devant l’ascenseur qui ne vient pas, ce n’est ni un moment haut, ni un moment bas…
Juste un moment que j’attendais, qui teintait mes journées trop longues et mes nuits trop courtes d’une inquiétude que j’avais du mal à cacher…

L’ascenseur...
De toute façon, il ne viendra pas, puisque je n’ai pas appuyé sur le bouton d’appel.
Et que je n’ai rien à faire au rez-de chaussé de l’hôpital, surtout à 3h45 du matin.
Surtout sans chaussures, à moitié endormi, mes fringues de la veille presque aussi fripées que mon visage.
Une infirmière jette un œil à travers la porte et retourne à ses affaires. Elles ont l’habitude.

Je retourne écouter sa respiration.
Elle dort. Pousse un râle dans son sommeil.
Depuis que l’anesthésie ne fait plus d’effet, les anti-douleurs ne suffisent plus vraiment.
Ce qu’elle ressent, là, dans son corps, je ne le souhaiterais pas à mon pire ennemi…

Elle ouvre les yeux. Elle a dû sentir ma présence.
Je lui souris.
Elle se crispe, mais arrive à esquisser un sourire.

Elle est heureuse que je sois resté, cette nuit.
Moi, je suis juste heureux que ma mère soit toujours en vie…

L'humeur du moment

28 juin 2009

et pendant ce temps-là, je parlais au vent...


Voilà...
Pour ceux qui se demandaient où j'étais passé...

C'est tout ce que j'ai à dire,
mais c'est précisément ce que j'ai à dire...

L'humeur du moment

20 avril 2009

Cette semaine dans mon Ipod



L'humeur du moment

14 avril 2009

Et j’en suis arrivé à la conclusion suivante...

J’ai bien étudié la question.
Je l’ai retournée dans tous les sens, lors de mes longues conversations nocturnes avec mon Panda.

Et j’en suis arrivé à la conclusion suivante :
Mon monde n’a pas besoin de plus d’argent, de plus d’agitation, de plus de concret.

Non...

Mon monde a besoin de plus de poèmes.

Mon monde a besoin de plus de danses.
Mon monde a besoin de plus de photos, de dessins, de figures fugaces dessinées sur le sable humide d’une plage ou la mousse crémeuse d’un cappuccino.

Parce que si j’avais le choix, ce serait...

... bain chaud et cognac XO chaque soir, à côté d’un orchestre mariachi qui reprendrait les standards du hard rock des années 70, en version slow...

... sakura tout les jours, et le soleil tomberait en diagonale sur le corps de cette amie si sensible à mes massages chi-qong...

... un appareil photo qui serait trop tombé par terre, qui ne prendrait que des photos fanées, datées, décalées, floues. Des photos de toi, de toi, et de toi aussi, là-bas au fond...

... des nuits passées sur des couettes épaisses posées à même le sol, à raconter des conneries pour n’avoir pas à dire tout simplement qu’on est bien ensemble...


Mon monde n’a pas besoin de plus d’argent, de plus d’agitation, de plus de concret.
Non...

En réalité, mon monde a besoin de plus de beauté…
Et d'une porte vers ailleurs...
Quelque part...



L'humeur du moment

12 avril 2009

Le Bordel Magnifique

Ces soirées (celle dont je reviens à l’instant et qui continue dans ma tête) sont le reflet de ma vie, en ce moment.
De purs moments de Chaos.
Le Grand n’Importe Quoi
.
Le Bordel, mais le Bordel Magnifique.

On lâche-prise, lors de ces soirées.
On se laisse le droit de sentir, de ressentir, de vivre ici, maintenant, sans rien attendre de précis.
Car finalement, on sait bien comment tout cela finira : deux amis rentreront légèrement éméchés chez l’un d’entre eux.
Parleront des femmes de leur vie et des autres.
S’endormiront brutalement.
Et se réveilleront douze heures après avec la gueule de bois, en se disant "C'est la soirée la plus grandiose que j'ai passé depuis..."

Le lendemain, tout cela n’aura plus d’importance.
Cela deviendra un souvenir fugace, dont il ne restera que des photos.
Nous les regarderons ensemble, avec tous ceux qui étaient présents ce soir là, et nous nous souviendrons de tout ça comme dans un rêve.
Le rêve de quelqu’un d’autre, dans lequel nous n’étions qu’un figurant…

Après tout, puisque ces soirées, notre vie en général, les moments de plaisir et d’intimité, puisque tout cela n’est qu’un rêve, autant s’y abandonner totalement.
Sans rien espérer en échange.
Juste pour la beauté de l’instant.
Pour la perfection de tous ces petits moments absurdes, tendres, complices, extrêmes, incomplets (car il me manque quelqu’un, qui est loin, très loin…)
Pour la grâce qui apparait quelque fois dans les moments d’hésitation, lorsque nos corps et nos visages révèlent plus qu’on ne le voudrait…


Nous ne pouvons rien « faire », une fois plongés dans ce Magnifique Bordel.
Il nous mène exactement là où nous voulons être, si nous lui faisons confiance.
Il faut juste se détendre, lâcher-prise, et profiter du voyage.
Il n’y a rien à « faire ». Nous n’avons aucun pouvoir sur la Beauté de ces instants.
Et ça, c’est un immense réconfort.

L'humeur du moment

10 avril 2009

Ce sur quoi nous portons notre attention...

Je pense que nous devenons ce sur quoi nous portons notre attention.

Je suis lenteur et courbes lorsque mon regard caresse le corps de l'Autre.

Je suis chiffres et rouages lorsque je dois calculer l’impact du plan marketing concernant le lancement du dernier blah blah blahblahblah blah, blah blah.

Je suis souffle et silence lorsque dans le vide de mon appartement, seul existe le bruit de ma respiration.

Je suis rire et passion, intimités et débordements, lorsqu’après avoir été quelqu’un d’autre au théâtre pendant trois heures d’affilées, je me retrouve avec eux tous, nous acceptant tels que nous sommes, autour d’un verre trop vite vide...

Je suis suspension, inspiration et respiration lorsque je te regarde danser, toi là-bas au fond, à Pen Her Pichon...

Je suis ceci et je suis cela.
Je suis en haut, je suis en bas.
Je suis ici, je suis là-bas...
Plus je me connais, plus ce n'est pas "moi"...

J'ai des phases de grognements et j'ai des phases d'euphorie...

J'ai de la joie dans mes poches et des MM's dans mes placards !

J'ai des jours polaires et des nuits bipolaires et des semaines tripolaires et et des mois quadripolaires...

J'ai des bouts de moi que je ne montre pas et qui se voient tellement...

J'ai des bouts de moi que j'exhibe tout le temps et que personne ne voit !

J’ai de la vie, ma mère !
J’ai des rires, ma soeur !
J’ai de la liberté, mon frère !
J’ai des bons moments, mec…
J’ai des manières de dingue, ma fille,
J’ai une belle gueule à un million de dollars, cousin...
J’ai des maux de tête et j’ai des maux de dents,
Et des mauvais moments, aussi…
Comme toi…



L'humeur du moment

09 avril 2009

Le temps de ne rien faire...

Pour la première fois, aujourd’hui, j’ai pris le temps de ne rien faire.

Je suis rentré chez moi, j’ai regardé le bordel ambiant droit dans les yeux...
Et je lui ai tourné le dos.


Je suis allé voir dans la cuisine, et la vaisselle de midi était encore là, à m’attendre avec des yeux tous ronds...Je lui ai tiré la langue, et je lui ai tourné le dos.

Je suis même allé voir la pile de linge à repasser, gentiment posée sur le canapé. Je l’ai caressée affectueusement. Et je lui ai tourné le dos.

Puis je me suis affalé sur mon lit.
J’ai pensé à ma journée.
Puis je lui ai tourné le dos..
J’ai dormi comme un Papa Ours...


Tout ça ne m’était pas arrivé depuis des siècles...

L'humeur du moment